Droit à la retraite

Notre protection sociale se trouve menacée par des réformes qui tendent à imposer un choix de société, remettant en cause l’assurance maladie et les systèmes d’assurance chômage et de retraite.

la réforme 2010 a été injuste, c’est une mauvaise réforme.

Le projet de loi a été présenté par le gouvernement Fillon comme visant à rééquilibrer et à pérenniser le modèle français de retraites par répartition fondé sur la solidarité.

Le gouvernement Fillon a fait main basse sur le Fonds de réserve des retraites (FRR). Prévu initialement pour faire face au choc du papi boum, il a transféré à la Caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES) la propriété des actifs et des ressources du FRR pour financer cette dette.

Le Gouvernement Fillon nous a trompés en présentant sa réforme comme juste et responsable :

-  en augmentant la durée d’activité, il dégrade les futures retraites. L’âge légal de départ à la retraite est porté progressivement à 62 ans.
Celui de l’âge de départ n’entraînant pas de décote sera porté à 67 ans.

Cela entraîne des baisses significatives du niveau des retraites et des pensions.

- en annonçant le renforcement « en trompe l’oeil » de l’équité du système de retraites.
 
Il a augmenté le taux de cotisation acquitté par les fonctionnaires pour leur retraite (8,12 % en 2010) pour l’aligner en dix ans sur celui qui s’applique aux salariés du secteur privé (10,55 %).
Cela se traduit par une forte baisse de pouvoir d’achat pour les fonctionnaires.


- en fermant le dispositif de départ anticipé sans condition d’âge pour les parents de trois enfants à compter de 2012.

 Il applique aux personnels de la fonction publique les mêmes conditions de durée d’activité applicables aux salariés du secteur privé pour bénéficier du minimum de pension.
 Ces deux mesures sont fort préjudiciables surtout pour les femmes car elles abaisseront leurs pensions et accroîtront la pauvreté.


- Il dit améliorer les mécanismes de solidarité.

 Les jeunes en situation précaire devront valider 6 trimestres au titre de leur première période de chômage non indemnisé, contre 4 aujourd’hui.
La lutte du gouvernement Fillon contre le chômage des jeunes est un échec.
Quels débouchés d’emplois sont proposés aux jeunes si on supprime des dizaines de milliers d’emplois dans la fonction publique et que les actifs doivent rester plus longtemps à leur poste de travail, bloquant de fait des emplois pour les chômeurs ?

La réforme sur les retraites de 2010 contient des régressions majeures.
• Elle entraîne la baisse des pensions, du fait de l’allongement de la durée de cotisations, de l’accentuation de la décote dont le taux trimestriel sera porté à 1,25%, et du recul de l’âge au-delà duquel il n’y aura plus de décote ( à 67 ans en 2016).
Elle aggrave la baisse de pouvoir d’achat des pensionnés. Les retraites sont souvent revalorisées d’un taux inférieur à l’inflation.
Elle continue à diviser les salariés et les retraités en dissociant de fait les revendications communes que pouvaient légitimement défendre actifs et retraités sur le pouvoir d’achat.

Depuis de nouvelles attaques ont continué :
En 2011 le gouvernement Fillon aggrave la réforme :

- Il supprime le traitement continué aux bénéficiaires des pensions liquidées à compter du 1er juillet 2011.

- Il reporte l’âge de départ en retraite des salariés nés en 1952 d’un mois, pour ceux nés en 1953 (+2 mois), 1954 (+3 mois) et 1955 (+4 mois).
Ces mesures ont de lourdes conséquences :

- Elles diffèrent les droits à pension des salariés,

- Elles accentuent l’effet de la décote,

- Elles diminuent les offres d’emplois.

Les revendications de la FSU Finances :

L’allongement de la durée de vie, phénomène heureux, doit s’accompagner d’un progrès social, fondé sur le maintien du régime par répartition.
 De plus si l’on vit de plus en plus vieux, on est en moins bonne santé. Ainsi en France l’âge jusqu’auquel on peut espérer vivre sans perte de capacités physiques ou mentales est passé de 2008 à 2010 de 62,7 à 61,9 ans pour les hommes et de 64,6 à 63,5 ans chez les femmes.
Ainsi un départ à 62 ans laisse peu d’espérance de profiter d’une retraite en bonne santé.

La FSU Finances revendique, pour tous les salariés, du public et du privé, le droit au départ en retraite à 60 ans, avec un taux de remplacement de 75 % du meilleur salaire pour 37,5 annuités de cotisation, taux porté à 100% pour les plus bas salaires.

Elle réaffirme son attachement au Code des pensions de la Fonction Publique, et milite pour l’intégration des primes dans la calcul des pensions de manière juste et égalitaire.

La FSU Finances exige le retrait des réformes Fillon et l’ouverture rapide de négociations sur ses revendications.

Partant du constat que les fonctionnaires polypensionnés sont désavantagés, il revendique la généralisation de la prise en compte de l’expérience professionnelle dans le reclassement à l’entrée de la fonction publique, l’extension du décret de proratisation aux fonctionnaires ainsi que la révision des règles de coordination des régimes.

Sur le financement des retraites :

La FSU Finances estime que l’augmentation des financements est la seule alternative pour maintenir et améliorer le système de retraites par répartition. A structure de financement inchangée, l’effort pour répondre aux besoins de financement correspondrait à une progression annuelle de 0,375 % du taux de cotisation sur la période.

Dans un pays qui va s’enrichir, il est possible d’affecter le cinquième des gains de productivité prévus au financement des retraites. Cela permettrait de garantir la parité du niveau de vie entre actifs et retraités et la possibilité de partir en retraite à 60 ans.
 
Fixer la durée des cotisations à 41,5 annuités pour bénéficier d’une retraite à taux plein constitue une très mauvaise solution car la durée moyenne de cotisations des salariés est de 37,5 années.

L’allongement de la durée de cotisations ne va pas dans le sens de la réduction du chômage.

Le taux d’emploi des 55-64 ans est de 39,7 % en 2010. En 2010, 42,5 % des personnes âgées de 55 à 64 ans sont actives et, parmi ces actifs, 6,7 % sont au chômage.

La FSU Finances préconise une répartition de la valeur ajoutée en faveur des salaires.

Elle agit pour gagner de nouveaux droits :

- exiger la prise en compte des années de formation
pour le calcul de la retraite et des modalités de rachat à un niveau financier acceptable.

-  demander le maintien de la CPA, dont il faut améliorer les modalités d’attribution.

-  Revendiquer la mise en place de dispositifs prenant en compte la pénibilité des métiers et permettant aux salariés aux carrières longues de bénéficier d’un départ anticipé.

-  La FSU Finances demande que les périodes de temps partiel imposé ou choisi pour des raisons de santé ou de handicap, soient validées.

-  Elle s’oppose à la remise en cause des droits à réversion et en exige au contraire l’amélioration.
Cela passe notamment par l’extension du versement aux partenaires de couple pacsé.

- La FSU Finances demande la prise en compte des congés parentaux et temps partiels liés à l’éducation
des enfant pris avant 2004.

La FSU Finances se bat pour la suppression des inégalités entre hommes et femmes en matière de pension.
Aujourd’hui les 2/3 des ayant droits du minimum vieillesse sont des femmes.
Les inégalités persistantes sur le marché du travail sont responsables de cette situation.
 Avec des carrières très incomplètes, les femmes sont particulièrement pénalisées par la loi, notamment par la décote.

-  La FSU Finances se battra pour exiger dans la fonction publique des bonifications équivalentes à 2 ans de majorations de durée d’assurance par enfant, qui demeurent indispensables, tant que demeurent les inégalités de
carrière entre les hommes et les femmes.


- La FSU Finances demande le rétablissement des bonifications pour enfants pour toutes et sans conditions et des dispositions complémentaires pour les parents qui ont élevé seuls leurs enfants.