LOI TRAVAIL : UNE CASSE SOCIALE SANS PRÉCÉDENT !

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"Le 49-3 est une brutalité, le 49-3 est un déni de démocratie, le 49-3 est une manière de freiner et d’empêcher le débat parlementaire" (François Hollande en 2006, à propos du passage en force sur le CPE, finalement retiré grâce aux gigantesques manifestations)

La loi travail touche aux fondements des droits des salariés dans notre pays. C’est une machine à gaz à plusieurs étages.

De manière immédiate, il y a la primauté donnée à l’ac­cord d’entreprise. C’est-à-dire la possibilité offerte aux patrons — en utilisant le chantage à l’emploi — de détri­coter tous les droits des salariés. C’est l’inversion de la hiérarchie des normes : un "code du travail" par entreprise !

Ensuite, la réécriture en deux ans d’un « nouveau Code du travail » est prévue sur la base du rapport Badinter. En fait, le Code du travail actuel disparaîtrait et y seraient substi­tués de vagues principes. La loi prévoit l’association des organisations syndicales à cette réécriture-destruction. La CFDT, l’UNSA et la CFTC, soutiens officiels du gouvernement sont déjà candidates (peut-on encore parler de syndicats les concernant ?)

Le compte personnel d’activité (CPA)* a, lui, déjà été voté dans une loi d’août 2015 et s’appliquera entièrement à la fonction publique ! La loi travail prévoit son ex­tension et autorisera le gouvernement à procéder par dé­cret pour transférer tous les droits collectifs vers ce CPA, qui est un compte lié à la personne. C’est la destruction programmée des droits collectifs.
(* Le CPA tel qu’il est prévu pour l’instant a fait l’objet d’une position commune signée par la CFE-CGC, la CFDT, la CFTC et FO le 8 février 2016).

La cible suivante, déjà planifiée, est ni plus ni moins que la Sécurité sociale. En effet, le gouvernement ne cache pas son intention de transférer tout ce qui touche à la protec­tion sociale vers le CPA.

Dessin de Laurent Saulnier
En résumé : si cette loi mortifère adoptée en première lecture à coup de 49-3 est maintenue, c’est la priorité aux accords d’entreprise, le Code du travail à la poubelle, l’in­dividualisation des droits contre les droits collectifs, et un cadre pour passer à l’attaque contre la Sécurité sociale. Cette loi travail constitue une attaque sans précédent qui remet en cause toute l’architecture des droits des salariés.

Et qui peut croire qu’une fois démantelé le droit du travail, ceux qui nous gouvernent (quels qu’ils soient) laisseront tranquilles les 5,4 millions de fonctionnaires de ce pays, à l’abri de statuts protecteurs ? Souvenez-vous. En 1993, la "réforme" Balladur prolonge la durée de cotisation pour les salariés du privé de 37,5 annuités à 40 annuités, pour obtenir un taux plein. Les fonctionnaires ne sont pas concernés. La résistance est donc divisée... la contre-réforme passe. Pendant les années suivantes, les fonctionnaires ont été montrés du doigt, comme étant des privilégiés, et en 2003, Fillon a aligné notre durée de cotisation sur celle du privé. La suite vous la connaissez : aujourd’hui c’est 43 ans et avec jusqu’à 25 % de décote... sauf à travailler jusqu’à 67 ans (demain 70 ans ? comme le réclame la Commission européenne pour tous les pays se trouvant sous sa coupe).

Cette logique de régression se vérifiera à coup sûr si cette Loi travail est définitivement adoptée ! C’en sera fini du statut, des règles, des garanties et des droits de tous les fonctionnaires : un cauchemar qu’il nous faut absolument éviter.

Le meilleur rempart au démantèlement des statuts de la fonction publique, c’est le Code du travail !

"78 % des français sont opposés à cette réforme" : 95 % seront touchés !

La FSU, partie prenante depuis le début de l’intersyndicale Fsu-Cgt-Fo-Stc en Corse luttant contre cette loi Travail, aurait souhaité faire de ce 26 mai, comme dans beaucoup d’endroits en France, une journée de manifestation unitaire, notamment à Ajaccio. Mais les conditions n’ont pas pu être réunies, ce que nous regrettons. Néanmoins, nous n’abdiquons pas, bien au contraire, et nous mettrons toutes nos forces dans cette bataille, en multipliant les initiatives les plus unitaires, pour faire reculer ce gouvernement, le plus réactionnaire et anti salariés depuis 1958 !

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NI AMENDABLE, NI NÉGOCIABLE,
RETRAIT DE LA LOI TRAVAIL
 !