Violences faites aux femmes : des lois incomplètes

Interview de Suzy Rojtman, membre du collectif droits des femmes.

 

Pourquoi une journée mondiale le 25 novembre ?
Le 25 novembre 1960, les 3 sœurs Mirabal, militantes politiques, sont assassinées en République Dominicaine par les sbires de Trujillo, chef d’État. Plus de 20 ans après les féministes latinaaméricaines et caribéennes décident de faire de ce jour la Journée de l’élimination de la violence à l’égard des femmes. L’Assemblée générale de l’ONU donne à cette Journée une dimension internationale en décembre 1999.

Quelle est la situation en France ?
Grâce aux luttes des féministes, les violences ont enfin été rendues visibles. Un ensemble de lois a été voté à partir du changement de la loi sur le viol en 1980. Des délits comme le harcèlement sexuel ou les violences conjugales sont à présent dans le code pénal. Mais ces lois sont encore incomplètes et sont inégalement appliquées dans les territoires. Par exemple l’ordonnance de protection ne protège "que" les femmes victimes de violences conjugales ou menacées de mariage forcé, les victimes de viol n’y ont pas droit ! Il y a peu de condamnations, la tolérance sociale étant encore forte malgré les grandes déclarations de principe.

Quelles mesures pourraient changer la donne ?
La France pourrait voter une loi globale contre ces violences. Nous avions rédigé totalement en 2007 une telle loi-cadre qui envisageait dans son intégralité comment la société pouvait appréhender un tel fléau. Nous abordions la sensibilisation de l’opinion publique, l’éducation à l’école au respect filles garçons, le problème de la santé, du social, de l’emploi, de la répression, de la justice, etc. Cela a donné lieu au vote d’une loi en 2010 mais bien édulcorée. La vraie solution passe par une réelle volonté politique.

Propos recueillis par Marie-Rose Rodrigues-Martins pour le site de la FSU