Concurrence libre et non faussée : pour les travailleurs aussi ?

Un site Internet, Ladiv.fr, propose aux chô­meurs de se mettre aux enchères pour décrocher un emploi. Comment ? En proposant le salaire le plus bas possible pour attirer l’attention des employeurs.

Mode d’emploi : pour postuler, le chômeur doit enregistrer une vidéo. Il se présente (diplômes, qualifications, expérience...) En fonction, propose un salaire correspondant à son dernier poste (tout en restant dans la fourchette indiquée par l’entreprise). Surprise : un autre chômeur « postule » sur le même poste mais pour un salaire inférieur. Que faire ? Baisser sa proposition ou surenchérir à la baisse ?

Argument du fondateur du site : « Il faut se voir comme un produit marketing » ! Une directrice des ressources humaines recrutant sur le site ose déclarer : « C’est comme lorsque vous mettez un bien en vente. Il faut que vous le vendiez au juste prix » ! « J’ai mentionné que nous étions tous des produits, que nous avions un prix et qu’il était donc possible d’articuler recherche d’emploi et enchères », renchérit le cofondateur du site.

Le site, ouvert en novembre 2016, est plébiscité (entre autres) par Airbus, qui, au même moment, annonçait la suppression de
1 164 postes en Europe, dont 640 en France. Réaction d’un travailleur : « C’est de l’esclavage, on va bientôt travailler gratuitement. » Ce site couvre seize pays, en Europe, Inde et États-Unis.

Voilà bel et bien un avant-goût de la destruction du Code du travail, voilà l’avenir que l’on propose aux travailleurs : se vendre au moindre prix comme un vulgaire objet ! Et pour mieux faire passer cette pilule amère, on promet à tous l’aumône du revenu universel, pour solde de tous comptes.